avril 29, 2010

AG 23 & 24 avril : allocution & résolution

Posted in Synthèse Assemblée générale-communiqués, Uncategorized à 7:57 par le104occup

ALLOCUTION JMA AG 24 AVRIL

« Le regard ouvert à 180°, il s’agit de rester soi-même sans cesser de percevoir le mouvement des autres.

Que regarder une chose ne nous empêche pas de percevoir ce qui l’environne !

Voir plus que ce que l’on regarde.

Ecarter les limites de la scène du monde, éloigner le côté cour du côté jardin, agrandir l’angle dans toute la mesure du possible.

Faire entrer la lumière et le vent ».

Celle qui parlait ainsi nous a quittés dans la nuit de jeudi à vendredi, à 69 ans, emportée par une maladie méchante. Je ne saurais saluer cette assemblée générale sans saluer cette immense chorégraphe qu’a été Odile Duboc. En 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, elle créait une pièce dont nous sommes un peu les héritiers. Son titre : Insurrection.

Merci, Odile. Que Dieu, s’il existe, ne te garde pas, et te laisse en notre compagnie.

Dans l’agenda L’Imprévisible 2010, édité aux éditions Le Jeu de la Règle, en vente ici même à la Librairie du Merle Moqueur, ce samedi 24 avril est la « journée des obligations de résultat ».

En invitant à « occuper » le 104 et à en « prendre collectivement la direction », depuis le 1er avril, nous disions « Un autre 104 est possible ».

Un premier résultat de notre action amène à dire aujourd’hui : un autre 104 est non seulement possible, mais il est nécessaire.

Des informations parues dans la presse, notamment dans Le Monde daté du 23 avril 2010, ont fait état d’un rapport, jusque là secret et non communiqué au Conseil d’administration du Centquatre, remis en octobre 2009 par M. Gérard Deniaux alors directeur financier du 104. Par voie de presse, la Ville de Paris a fait savoir que ce rapport « n’existait pas », ou en tout cas, n’avait aucune valeur. La broyeuse à papier serait-elle tombée en panne ? Ce rapport, dit Le Monde, « pointe la responsabilité de la Ville de Paris dans l’échec du 104 ». Nous ne pouvons, en l’état, vérifier la véracité exhaustive du contenu de ce rapport. Au regard de notre capacité de savoir, certains faits semblent pourtant incontestables. Ainsi en va-t-il lorsque l’ex-directeur financier du 104 écrit : « le gardiennage, le nettoyage et l’entretien du bâtiment  » pèsent pour plus de 2,5 millions «  sur un budget de fonctionnement de 8 millions. Il faut ajouter  » 4,7 millions de charges de personnel « .Au final,  » la marge artistique est nulle, voire négative « . Cela semble hélas tristement avéré.

Nous avons appris à l’occasion, ce que nous savions déjà, que Bertrand Delanoé a mandaté une inspection financière du 104, actuellement en cours, et qui devrait rendre ses conclusions en juin prochain. Mais d’ores et déjà, Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la culture et président du Conseil d’administration du Centquatre, écrit sur son blog :  « J’ai été en contact avec les deux inspecteurs, ils se sont déjà aperçus qu’il y a des faits qui relèvent de dysfonctionnements graves en matière de gestion administrative, financière et sociale ». Des dysfonctionnements graves en matière de gestion administrative, financière et sociale ? Mais c’est exactement ce qui est dit dans le rapport de M. Deniaux. S’agit-il dès lors de savoir qui, de la Ville de Paris ou des deux anciens directeurs, devra porter le chapeau du fiasco actuel ?

Nous ne sommes pas ici une Cour de Justice et il ne nous appartient pas de trancher ce différend. Mais nous considérons, à tout le moins, que les responsabilités sont partagées, ou comme l’a reconnu Christophe Girard lors de l’entrevue qu’il a accordée à notre délégation le 12 avril dernier, l’ouverture du 104 a résulté d’une « incompétence générale ».

Il sera peut-être temps, le moment venu, de se demander comment fut utilisé le million d’euros versés à une société de production audiovisuelle, Les Poissons Volants, pour œuvrer pendant un an à la « préfiguration » du 104. Il est temps, aujourd’hui-même, de se demander s’il est bien normal que plus de 2,5 millions d’euros soient consacrés au gardiennage, au nettoyage et à l’entretien du bâtiment, alors que n’a été publié aucun appel à candidatures pour de nouvelles résidences artistiques. Il est temps, aujourd’hui-même, de se demander s’il est bien normal que les compagnies de théâtre et de danse invitées à répéter au 104 le fassent sans aucun budget de coproduction, alors qu’une société privée, Le Pont des Arts, s’est vu attribuer un marché public compris entre 20.000 et 50.000 euros pour des « visites culturelles » du 104, ou qu’un montant équivalent est confié à une autre société, LAFORME, pour la « maintenance du site internet du 104 », ou encore que le 104 a acheté directement à la Librairie du Merle Moqueur entre 50.000 et 90.000 euros de « documentation » : autant peut-on en déduire que le personnel de direction du 104 a eu de saines lectures ! … Cette gabegie ne peut évidemment pas durer !

Depuis le début, lorsque nous avons dit « Un autre 104 est possible ! », nous voulions manifester que les bases structurelles du Centquatre, tel qu’il a été conçu et mis sur les rails, ne pouvait conduire qu’à l’échec ; et ce, quel qu’en soit le prochain directeur. L’inspection archéologique que nous avons entreprise le montre déjà amplement. D’ici quelque temps, nous produirons les pièces de notre cahier de doléances.

Le statut d’Etablissement Public de Coopération Culturelle, imposé en juillet 2008, quelques semaines avant l’ouverture du lieu est totalement inapproprié. Cet EPCC est devenu, par la force des choses et comme l’a trahi un savoureux lapsus de l’un de nos interlocuteurs à la Ville de Paris, un « Etablissement Public de Culture Commerciale ». Cherchez l’erreur…

Nous ne sommes pas seuls à faire état de cette vive inquiétude. Hier, vendredi 23 avril, nous avons notamment reçu le soutien du Groupe Les Verts au Conseil de Paris et des Verts Paris.

(lecture du communiqué de presse)…

Quand bien même Bertrand Delanoë et Christophe Girard maintiendraient leur intention de présenter au Conseil de Paris des 10 et 11 mai prochains une « short list » de quelques noms qui seraient ensuite soumis, début juin, au Conseil d’Administration du 104, pour désigner le futur directeur de l’EPCC ; l’association-loi 1901 Un autre 104 est possible, qui sera déposée dans le courant de la semaine prochaine en Préfecture, saisira le Tribunal Administratif de Paris. Considérant que le rapport de M. Deniaux aurait dû être communiqué au Conseil d’Administration du 104, fut-il assorti d’une « main contradictoire » de la Ville de Paris ; et que tel n’a pas été le cas, cette « dissimulation frauduleuse » a privé le Conseil d’Administration du 104 d’une information essentielle à son jugement ; par conséquent, toute délibération et décision ultérieure à la date de ce rapport sera entachée de nullité (notamment la procédure actuelle de recrutement d’un nouveau directeur).

Sur son blog, Christophe Girard parle d’une « cabale » contre le 104. Cabale, au sens figuré, selon le Petit Robert : « Manœuvres secrètes, concertées contre quelqu’un ou quelque chose ; association de ceux qui s’y livrent ».  Nous affirmons solennellement que l’action que nous menons au 104 n’est en rien une « cabale » : si nous nous concertons effectivement, espérant produire quelque intelligence collective, nos « manœuvres » n’ont rien de secret : depuis le premier jour de cette « occupation », nous avons en effet, en toute transparence, placé le débat dans l’espace public. Nous agissons POUR le 104, et pas seulement. Mais les propositions alternatives que nous espérons faire émerger demandent un temps et des moyens d’élaboration. Jusqu’à ce jour, la Ville de Paris, et la Mairie du 19e arrondissement, nous refusent la moindre facilité (en termes d’espaces de réunion, de possibilités d’affichage, etc.) pour mener à bien ce travail, arguant que notre mouvement est certes « démocratique » mais pas « légitime ».

Face à la violence de cette réponse qui nous est faite par une municipalité de gauche, nous opposons calme et sérénité.

J’aimerais à présent mettre au vote de cette assemblée générale librement réunie, six résolutions :

– Après 23 jours « d’occupation » du 104, au regard du travail prospectif mené par le collectif Un autre 104 est possible, Il apparaît d’ores et déjà que l’avenir du 104 passe par une profonde modification de ses statuts et son cahier des charges. La nomination d’un nouveau directeur du CENTQUATRE, quelles que soient ses qualités et ses compétences, ne pourra suffire, à elle seule, à redresser la barre d’un navire qui est en train de couler.

– Le régime d’EPCC (Etablissement Public de Coopération Culturelle), imposé par le Préfet de Paris en juillet 2008, apparaît largement inapproprié. Un temps d’inspection (à laquelle le collectif Un autre 104 est possible entend apporter sa contribution), d’expertise (citoyenne) et d’analyse (partagée), au regard des objectifs de l’Agenda 21 auquel la Ville de Paris s’est engagée, est nécessaire pour faire émerger des voies alternatives, telles que le statut de Société coopérative d’intérêt collective, aujourd’hui mise en œuvre à la Friche Belle de Mai, à Marseille. 

– En conséquence, le processus en cours de recrutement et de nomination d’un nouveau directeur pour le CENTQUATRE doit être pour le moins suspendu, voire annulé. 

– Il appartient au Conseil municipal de la Ville de Paris, lors de sa prochaine séance des 10 et 11 mai 2010, de statuer sur ces propositions et de les mettre au vote.

– Entre temps, le collectif Un autre 104 est possible se saisit de la nouvelle procédure municipale de « droit d’interpellation » pour porter sur la place publique une pétition citoyenne sur les enjeux du CENTQUATRE (3)

– Le collectif Un autre 104 est possible, qui est en voie de se former en tant qu’association-loi 1901,  propose d’organiser le jeudi 6 mai 2010 (par ailleurs journée nationale d’actions, notamment dans la culture), au CENTQUATRE ou dans tout autre lieu de la capitale, un séminaire citoyen (auquel seraient conviés les élus parisiens) sur l’avenir du CENTQUATRE.

Résolutions débattues à l’AG

 

Modérateur :  La première résolution a été votée dans son principe mais avec l’idée que la toute fin devait être améliorée :

1°) – Après 23 jours « d’occupation » du 104, au regard du travail prospectif mené par le collectif Un autre 104 est possible, Il apparaît d’ores et déjà que l’avenir du 104 passe par une profonde modification de ses statuts et son cahier des charges. La nomination d’un nouveau directeur du CENTQUATRE, quelles que soient ses qualités et ses compétences, ne pourra suffire, à elle seule, à sortir de l’impasse actuelle.

Modérateur : Je propose : « ne pourra suffire, à elle seule, à sortir des carences et impasses actuelles. »

Les résolutions 2, 3 et 4 ont été actées par l’AG du 23 avril.

2°) – Le régime d’EPCC (Etablissement Public de Coopération Culturelle), préconisé par le Préfet de Paris en juillet 2008, apparaît largement problématique. Un temps d’inspection, d’expertise citoyenne et d’analyse partagée est nécessaire pour faire émerger des voies et modes de statuts alternatifs (associatifs, Société coopérative d’intérêt collective, ou autres…). 

3°) – En conséquence, le processus en cours de recrutement et de nomination d’un nouveau directeur pour le CENTQUATRE doit être suspendu, voire annulé. 

4°) – Le collectif « Un autre 104 est possible » appelle le Conseil municipal de la Ville de Paris, à se saisir de ces propositions et à délibérer lors de sa prochaine séance des 10 et 11 mai 2010.

Modérateur : Après débat il a été décidé de remettre la résolution 5 en discussion le mardi 26 avril à 1 3h. Elle n’a donc pas été actée par l’AG du 23 avril.

5°) – Entre temps, le collectif Un autre 104 est possible se saisit de la nouvelle procédure municipale de « droit d’interpellation » pour porter sur la place publique une pétition citoyenne sur les enjeux du CENTQUATRE (3)

Modérateur : La résolution 6 a été actée dans son principe mais il a été décidé d’en préciser ultérieurement la formulation en fonction des modalités qu’elle induit.

6°) – Le collectif Un autre 104 est possible propose d’organiser le samedi 8 mai 2010 au CENTQUATRE, un forum citoyen sur l’avenir du CENTQUATRE.

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