avril 7, 2010

104 propositions pour

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Aborder le 104
Accueillir des gestes micropolitiques
Adosser l’invention au désir
Aller de l’implicite à l’explicite
Apprendre à s’orienter dans l’incertitude
Apprivoiser l’improbable
Approfondir les qualités du présent
Atténuer l’opposition entre expert et non expert
Augmenter le nombre des choix possibles
Cesser d’attendre que le monde ait changé pour nous changer
Complexifier ce qui paraît compliqué
Confronter la créativité à l’art
Considérer la démocratie comme à venir
Constater que la valeur culmine dans ce qui est sans prix
Constituer un public hors de toute échelle prescrite
Construire un lieu pour une multitude de récits
Contourner les obstacles par des résolutions imprévues
Critiquer les politiques culturelles
Déborder les connaissances légitimes
Décider des affaires qui nous concernent
Déclarer la gratuité des connaissances
Décloisonner les pratiques et les savoirs
Déconstruire les industries culturelles
Décontaminer les subjectivités manufacturées
Défaire les modes de rationalité dominants
Délier individuation et individualisme
Démontrer les limites de l’expertise
Dépasser les conventions de format
Déplacer la valeur d’échange vers la valeur d’usage
Dérober les productions artistiques à un horizon d’attente
Détourner l’art de toute confusion avec le luxe
Développer des activités productrices de soi
Dialectiser les subjectivités individuelles et collectives
Discuter publiquement de la valeur de la valeur
Disposer des moyens de débattre
Disqualifier la régulation de la vie par le marché
Distinguer l’art des produits dérivés de l’art
Diversifier des richesses irréductibles à la monnaie
Donner des couleurs à la sphère publique
Douter de la science économique
Échanger des valeurs avec d’autres
Échapper au marché de la distinction
Émanciper la subjectivité des processus de valorisation du capital
Empêcher la raréfaction artificielle des biens immatériels
Encourager les œuvres coopératives
Engager des relations échappant aux stratégies du capital
Éprouver un nouveau partage de la décision
Éradiquer la notion de productivité
Évaluer les évaluateurs
Examiner la promotion des technologies de l’instantané
Expérimenter les réciprocités entre singulier et collectif
Fabriquer des questions
Favoriser les échanges gratuits
Formuler un devenir conséquent à la mémoire
Habiter un lieu sans identité nationale
Hybrider les pratiques
Identifier du sens hors des finalités prescrites
Intriquer création, vie et apprentissage
Invalider les évaluations du marché
Inventer des outils pour l’espace public
Limiter les effets de l’accumulation du capital
Maintenir des frontières avec la bêtise
Métamorphoser les situations de problème en stratégie de mouvement
Mutualiser les compétences avec les incompétences
Nourrir le savoir d’intuitions poétiques
Observer que la forme des problèmes est indéterminée
Ouvrir des espaces qui ne s’effacent pas devant la marchandise
Partager des désirs, des points de vue et des expériences
Penser avec le corps
Permettre l’accès de sa propre activité à la culture d’autrui
Précipiter un doute sur les savoirs institués
Préférer le doute aux solutions hâtives
Problématiser le contraste entre ceux qui font et ceux qui reçoivent
Promouvoir un retard concerté des résultats
Questionner la substitution de la culture de masse aux cultures populaires
Réagencer les relations entre travail, œuvre et action
Réaliser le propre du sujet dans un devenir commun
Reconnaître le nom propre de chacun
Redéfinir les espaces de l’art
Rédiger un code de l’impropriété intellectuelle
Réévaluer le politique à l’aune du poétique
Refaire l’Europe
Reformuler le programme
Refuser la main invisible du marché
Réinterpréter les intentions initiales
Remplacer les mauvaises solutions par le brouillon de ce qui serait préférable
Rendre visible la subjectivité de la valeur économique
Repenser son rôle dans la distribution des places
Ressourcer les solutions par les problèmes
Révéler les problèmes dans des formes questionnantes
Rire de la blague de la fin de l’histoire
Ruiner le régime de la quantité
Scruter les potentiels du présent
Séparer les productions artistiques de la pyramide des prix
Soustraire la méthode au discours
Stopper la conversion du vivant en valeur monétaire
Substituer la vie au Spectacle
Transformer les contradictions du capitalisme en ressources
Transmettre les valeurs de l’art
Travailler avec des œuvres et habiter avec des outils
Trouver des substituts à la valeur identitaire du travail
Valoriser la qualité du temps vécu
Vivre l’art comme expérience
Vouloir un autre monde avec détermination

François Deck

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4 commentaires »

  1. Dukat-Jayles said,

    Bonjour,
    Je regardais ce bâtiment depuis 20 ans et je rêvais à tout ce que l’on pourrait y faire, quand un jour, j’ai vu sur la façade Curial un grand panneau « ART pour TOUS ».
    J’était émerveillée !
    A côté de chez moi, près de mon îlot ZEP où la tristesse des déshérités hante les rue et jardins avec la mienne. Un nouveau monde nous ouvre les bras. Pincez-moi, je rêve !
    J’y voyais un « souk » de l’art, une maison ouverte sur les quartiers où on a tant besoin d’un lieu de médiation entre les « cailleras » et tous les autres comme moi. Entre les générations aussi.
    Un souk : la vie en circulation, bas les masques, et plus encore comme par exemple apprendre des responsabilités : les petits après l’école viennent jouer avec les plus grands, font leurs devoirs scolaires avec l’aide des aînés, des mamies qui racontent des histoitres, des Barbaras (c’est moi) qui donne et apprend) : écoute les parents, les enfants, les jeunes qui ne trouvent pas d’oreilles pour les entendre, des Barbaras qui enseigne les arts plastiques basiques, l’histoire de l’art, qui encadrent les réalisations plastiques (avec le numérique, ça va vite maintenant), etc…
    On m’a jetée avec ma proposition bénévole que je ne réitère plus sans être payée.
    On m’a dit en 2007 « vous n’êtes pas en phase avec le projet du 104 »..
    Bref, je n’avais pas la bonne carte de visite.
    C’est triste ce gaspillage, cette peur de la vie et ce besoin de réassurance qui domine aussi chez nos élus.
    J’aimerais qu’on reprenne « ART pour TOUS ».
    Mais art ne veut pas dire n’importe quoi, l’art c’est apprendre et transmettre.
    La culture, se sont les savoirs faires, les connaissances qui façonnent pour dédoucher sur l’évolution d’un perfectionnement, l’art et la culture ne sont pas des poubelles, des jettables !
    Barbara Dukat

  2. savic said,

    Oui, je soutiens avec la force la plus vive cette initiative d’occupation du 104, qui est véritablement citoyenne en cela qu’elle tente de s’opposer à la confiscation de ce qu’aurait pu être ou aspirer à devenir un lieu comme le 104.
    Je ne rêve plus depuis bien longtemps à la possibilité de réels espaces de création contemporaine et expérimentale soutenus par les politiques dans notre décidément très vieux pays. Artiste nantais, ayant un parcours non académique, j’ai compris depuis la fin de mes études scientifiques, que les utopies portées par l’après 68 appartenaient depuis bien longtemps à une mémoire muséographique, et que parler dans ce pays de création expérimentale était une ineptie, et que la création elle-même qui se revendique du champs de l’expérimentation se ment à elle-même, n’ayant absolument rien de novateur et d’expérimental, si ce n’est que l’esthétique sémantique qu’elle emploie abusivement la plupart du temps.
    Oui je me joins à la résistance manifestée au 104 par les intellectuels, créateurs et citoyens pour un « réel » espace public et citoyen de rencontre critique, de confrontation entre les hominidés constituant la cité et leurs congénères créateurs pensant des espaces réellement ouverts, de contagion contemporaine, d’utopie idéelle, et de création expérimentale digne de ce nom.
    Les attaques dont fait l’objet la culture par des politiques visant à promouvoir une culture uniforme, alimentant un plus vaste programme de monoforme planétaire met en danger de façon ouverte les êtres pensants que nous sommes.
    Des décennies de culture institutionnelle, relayée par une marchandisation de l’art, ont fini par reléguer la création incarnée et indépendante, celle qui ose, et tente de produire une réelle connaissance fondée sur la production d’expériences profondes et nouvelles, dans une sphère vécue par les citoyens comme parfois intouchable….élitiste…….je suis personnellement scandalisé en tant qu’artiste de voir qu’un lieu comme le 104 alimente la réalité de ces représentations qui éloignent le peuple de l’objet de l’art : le merveilleux de tous les possibles………..et que le monde de l’art lui-même cultive parfois si lamentablement ce malentendu quasiment indépassable….
    La possible chance (même si elle paraissait utopique) de dépasser cet inacceptable malentendu, n’a pas été saisie par les dirigeants du 104. Au lieu de cela ce projet alimente encore les éternels discours sur la culture et le rapport à l’art du peuple.
    Je refuse l’expertise de l’état en matière de culture en général et en matière d’art en particulier.
    Et bien si nous artistes, devons rester dans certaines marges pour continuer à incarner une certaine utopie de l’art comme espace d’une production singulière de pensée libre, et non marchande, nous y resterons mais nous continuerons à lutter pour préserver nos singularités esthétiques, philosophiques et existentielles, pour toujours rester là où l’art doit être : dans la cité.

    L’auto suffisance des gouvernants en matière de prédictibilité de l’avenir et la surveillance invisible imposée par nos sociétés de contrôle, nécessitent à l’évidence une extrême vigilance en ces temps d’endormissement collectif et de sourde acceptation…
    Ils représentent en cela un risque majeur : celui de l’oubli sans retour des autres, donc de soi.

    Il y a une création qui œuvre pour l’histoire, une certaine histoire ethnocentrée, et une autre création qui existe dans la nécessité d’une expérience de vie, où la pensée peut encore imaginer se risquer à un rêve de « ré enchantement » du monde.
    J’ose encore me reconnaître dans celle-là ; et c’est dans cette perspective que je m’associe en pensées déjà à l’occupation du 104.

    L’incompréhension des artistes et des citoyens face à ce lamentable début d’aventure du 104 doit pouvoir trouver une expression constructive, au travers de débats citoyens, de rencontres, de propositions performatives engagées de la part des artistes pendant tout le temps que pourra durer l’occupation.
    Je ne serai malheureusement pas disponible pour l’assemblée générale ce vendredi 9 avril, mais je trouverai très pertinent que des actions performatives et citoyennes puissent se rencontrer dans l’espace public dans les semaines à venir, et je me rendrai disponible pour des propositions si le « 104 occupé » estimait intéressante l’idée d’un programme d’actions à venir.

    Jean-marc Savic (artiste)
    jmsavic@aol.com

  3. Sylviane Diop said,

    Message de Dakar, Sénégal, soutien total à l’action d’occupation pacifique, citoyenne et constructive du 104!
    Nous, collectif Gawlab, avons rêvé et suivi à travers le net la re-construction du 104 « on line » avec envie et admiration !
    Nous avons imgaginé le tissage de liens hors les murs du 104 avec nos structures souvent aléatoires et éphémères, mais toujours en devenir, nous avons imaginé ces complicités de pratiques possibles, ces échanges de résidences.
    Conscient que chaque espace existant s’appuyant sur la définition « Tout pour l’art » est une victoire pour le monde à partager.
    Nos voeux accompagnent le rêve d’un 104 rendu aux habitants du quartier, à la ville de Paris, à nous tous qui ne respirons que pour la liberté des esprits, l’art et les cultures en partage.
    Meilleures pensées depuis Dakar où squatter pour l’art est une seconde nature en attendant de meilleurs jours citoyens.

  4. Dukat-Jayles said,

    18 AVRIL 2010 Après le Pique-Nique citoyen, « un autre 104 est possible »!
     » Un autre 104 est possible »?
    Il faudra bien, et pour cause :
    le 17, jour du pique-nique citoyen,je vous fais part du mini sondage-trottoir de 2h30,en face-à-face, auprès des passants du 104 rue d’Aubervilliers où j’étais plantée là, accostant qui veut bien causer un peu lors de ma question  » le 104, vous connaissez »?, pour faire de la réclme au picnic.
    Pour résumer, les réponses spontanées d’abord « vues » furent celles de la grimace, de quelque chose de coincé dans la gorge, la grimace de celui, celle (tout âge et couleur confondu) du dégoût.
    Quant aux expressions parlées, je les résumerai à « mais c’est mort ici, il n’y a jamais personne »
    « Ca sert à quoi ce truc énorme, sinon à bouffer le pognon »
    La plupart dégageait, à la fois un dégoût et une déprime coiffée de fatalisme « ca ne changera jamais, c’est toujours du pareil au même qu’ils soient Gauches ou Droite »
    J’ai recueilli aussi quelques réponses-réactions, je dirais « pète-sec »
    qui, jeunes et beaux, m’envoyaient à la figure « je travaille ici »
    mais tant mieux mon ami(e) disais-je gentiment, le travail est rare, tenez bon, ON vous protégera pour qu’il soit pérenne, mais ouvrez un peu votre porte pour que ce soit un deal équitable entre vous et ON ».
    Et oui, j’avais encore envie de pleurer (je suis une mater dolorosa, une yiddishé -mamé qui porte, pour ses fils, Jésus- Christ, Mahomet et le Messie trancybérien un espoir polyandre.
    Biz à tous, soyez heureux à chaque seconde
    Barbara Dukat-Jayles
    artiste-peintre et psy de service diplômée


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